Pour sa saison 2018-2019, L’Ensemble Orchestral du Jura propose un programme autour des poèmes symphoniques : vous pourrez l’entendre à Salins le 9 mars prochain, salle Notre Dame ( informations et réservation au sezrvice animation de la VIlle de Salins : 03 84 73 84 74)

Pour les amateurs, voici quelques précisions sur les oeuvres interprétées .

Le poème symphonique est une composition orchestrale de forme libre, très en vogue au XIXe siècle, inspirée par une idée, au départ non musicale, poétique ou descriptive : un thème, un personnage, une légende, un poème… Notre orchestre jurassien s’appuie très souvent sur un texte. La forme musicale est donc souvent assujettie à la narration dont elle s’inspire et peut donc varier en fonction du scénario suivi.
Les poèmes symphoniques ont en commun de véhiculer des idées et des messages, en exploitant les aspects démonstratifs et dramatiques de l’orchestre et en donnant souvent aux instruments solistes un rôle d’acteur, symbolique ou évocateur.

Tableaux d’une exposition est une oeuvre pour piano de Modeste Moussorgski (1874), composée de dix pièces évoquant la visite d’une collection de tableaux et d’aquarelles de son ami Hartmann décédé brutalement à 39 ans. Les semaines suivant l’exposition organisée en sa mémoire, le compositeur écrivit ces dix tableaux musicaux évoquant chacun une oeuvre picturale de l’artiste, mais aussi ses propres émotions ressenties lors de sa visite. Chaque tableau est entrecoupé d’une promenade, dans un rythme de marche, figurant le déplacement du visiteur d’une oeuvre à une autre. De nombreuses fois arrangée et transcrite pour diverses formations, c’est dans l’orchestration symphonique réalisée par Maurice Ravel en 1922 que l’oeuvre est le plus souvent jouée et enregistrée. Les dessins et aquarelles choisis ont été exécutés pour la plupart pendant les voyages de l’artiste à l’étranger : la Pologne (Bydło, un chariot polonais), la France (Tuileries, Limoges, le marché, Catacombes de Paris) et l’Italie (Le vieux château) ; le mouvement final est associé à un projet architectural pour la capitale de l’Ukraine (La Porte Bogatyr, ou Porte du chevalier). Seuls six tableaux subsistent de nos jours.

 

L’apprenti sorcier est un scherzo (un seul mouvement), composé par Paul Dukas en 1897 d’après une ballade de Goethe :

« Le vieux sorcier n’est plus là
Cette fois il est bien parti !
Cette magie qu’il m’interdisait Est enfin à ma portée.  Je vais pouvoir essayer
De faire obéir les esprits,
Jeter des sorts, jouer avec les maléfices !
Je vais montrer tout mon art ! »

La musique de Dukas, colorée par toute la palette des timbres différents de l’orchestre symphonique, évoque les tentatives de l’apprenti d’animer un balai pour qu’il effectue son travail : remplir une bassine d’eau avec des seaux. Ne contrôlant plus son enchantement, il tente de le détruire à la hache, mais il se retrouve face à un deuxième balai suivant le premier pour inonder la maison, jusqu’à ce que le maître rentre et répare les dégâts. Deux thèmes sont aisément reconnaissables : la mélodie du balai et la joie de l’apprenti dont les harmonies changent pour représenter le doute, la peur et l’effroi (final). Les quatre dernières notes, claquantes, font penser à une gifle punissant l’imprudent.

Peer Gynt est un ensemble de deux suites pour orchestre tirées d’une musique de scène, écrite par Edvard Grieg, pour un drame poétique joué pour la première à Oslo en 1876. Il dépeint l’histoire fantastique d’un personnage prétentieux et aventureux, Peer, emprunté à un recueil de contes populaires. Il part défier le vaste monde et rate tout ce qu’il entreprend avant de découvrir, seulement à la fin, la vérité de la solitude de son unique individu. Drame philosophique, Peer Gynt raconte le voyage initiatique de ce anti-héros en quête de rêve et d’identité. Oscillant sans cesse entre courage et lâcheté, Peer surmonte tant bien que mal les obstacles qu’il rencontre, le plus souvent par la fuite et le mensonge. La musique de Grieg conjugue merveilleusement la veine romantique dont il est un héritier certain, avec l’éveil à l’identité nationale d’une musique fortement imprégnée d’éléments populaires issus de la tradition norvégienne.